"Quand on met un ouvrier à une place, on ne manque jamais une occasion de le remettre à sa place" , Robert Linhart, L'Etabli, Les Editions de Minuit, 1978-1981, p. 133.

Je viens de le terminer. C'est une gifle.

En septembre 68, l'auteur, qui vient de terminer ses études universitaires, se fait engager comme ouvrier sur le site de l'usine Choisy de Citroën. Il devient alors un "établi", c'est-à-dire, un intellectuel, qui, sous couvert de son statut d'ouvrier, a pour objectif d'organiser la résistance ouvrière à l'intérieur de l'usine.

Ce livre est donc un témoignage sur les conditions de travail des ouvriers de l'usine Choisy-Citroën -dont bon nombre d'immigrés- aux lendemains de mai 68. A la pénibilité des tâches, aux exigences de rentabilité de la Direction s'ajoutent les brimades savamment orchestrées par les contremaîtres. On a le sentiment de faire un saut au XIXe siècle et on se doute néanmoins (je ne suis pas ouvrière) que Ubu règne encore à l'usine aujourd'hui et que sa silhouette se profile derrière le dos des hôtesses de caisse, des techniciennes de surface, des vendeuses Z@r@...

Je sais, c'est pas drôle, ça donne pas envie, ça paraît même chiant. Mais pourtant...

Je vous épargne l'Internationale, hein ?