Ressussciter"Les vitrines des magasins de luxe à Paris -parfums, vêtements, chaussures- sont décorées de la même façon : un ou deux objets pas plus, exposés au regard des passants, et beaucoup de vide autour. On peut retrouver cet art du dépouillement dans les maisons bourgeoises et dans les appartements des intellectuels fortunés. Il ne suffit pas aux riches d'être riches. Il leur faut aussi voler à la pauvreté, les signes du dénuement et la sagesse des signes de l'austérité".

Christian Bobin, Ressusciter, Gallimard, sept. 2001.

J'aime lire Christian Bobin. Ce qu'il écrit fait écho en moi. Je vois bien son côté mystique (pour ne pas dire catho), mais rien n'y fait, j'y retourne encore et toujours. A cause de la poésie de ses propos. Dans sa Littérature sans estomac, Pierre Jourde écrit un chapitre sur lui, qu'il intitule "Le Ravi de la crèche". Et ça m'amuse beaucoup.